Pour adhérer à Désirs D'avenir et soutenir Ségolène Royal

Pour adhérer à Désirs D'avenir et soutenir Ségolène Royal
Beaucoup de personnes nous demandent comment adhérer à Désirs D'avenir pour soutenir Ségolène Royal.

Le Comité local de Caluire de Désirs d'Avenir n'est pas habilité à recevoir directement les adhésions.

Pour adhérer, il vous suffit de vous rendre sur le site http://www.desirsdavenir.org et de vous inscrire directement en ligne.

Vous pouvez également adhérer par courrier en téléchargeant le bulletin d'adhésion à l'adresse ci-après:
http://www.desirsdavenir.org/bulletin.pdf
en le remplissant et en le renvoyant à:

Désirs d'avenir
38-40, rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 Paris


Merci d'avance à toutes et à tous pour votre soutien à Ségolène!
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# Posté le dimanche 18 juin 2006 10:11
Modifié le lundi 23 juillet 2007 17:42

Un chapitre du livre de Ségolène: Chômage, emploi, précarité : les chiffres du désordre

Un chapitre du livre de Ségolène: Chômage, emploi, précarité : les chiffres du désordre
Nous entendons souvent dire par ses détracteurs que la compétence de Ségolène en matière de problèmes économiques et sociaux est limitée.
Permettons nous de reproduire quelques pages de l'esquisse de son livre soumis à nos commentaires et disponible sur son site http://www.desirsdavenir.org

Les chiffres ne rendent pas compte de l'épaisseur de la réalité humaine mais ils aident à prendre la mesure des désordres massifs de l'emploi et du travail qui déstabilisent, insécurisent et désespèrent les Français
1°) Un chômage de masse, un sous-emploi chronique
Depuis une trentaine d'années et à l'exception de brèves rémissions sous des gouvernements de gauche, le chômage n'a cessé de croître. De masse et de longue durée, il est devenu une triste spécialité française. Officiellement, notre taux de chômage serait de 9,1 % (février 2006). Selon l'indicateur Le Monde-Eurostat, seules la Grèce (9,6%), la Slovaquie (15,8%) et la Pologne (17,2%) feraient pire dans l'Union européenne.

Mais ces chiffres ne disent pas tout. L'IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques), organisme réputé libéral, a contesté dans le numéro d'avril 2006 de son magazine « Société Civile » la fiabilité d'un pourcentage obtenu après « dégraissage statistique » : radiations de demandeurs d'emploi ayant sauté une convocation ou oublié de renvoyer leur fiche de renseignement, basculement des licenciés économiques dans la colonne « stagiaires de la formation professionnelle » et autres artifices auraient permis, en 2005, de passer 300.000 chômeurs à la trappe.

On les appelle les « DRE », dispensés de recherche d'emploi. A partir de 55 ans, les chômeurs sont versés dans cette catégorie car considérés comme « non réemployables ». Indemnisés mais non comptabilisés dans les chiffres du chômage. Pour Jean-Pierre Revoil, directeur général de l'UNEDIC, « c'est un véritable scandale ! Les DRE sont aujourd'hui 406.000. C'est pourtant un chiffre qui interpelle. Eh bien, tout le monde s'en fout ! ». Pourquoi ? « Ils sont devenus si nombreux que, si on réinjecte les DRE sur les listes de l'ANPE, le taux des sans travail va prendre 2 points » (intervention à « Politique autrement », seniorplanet.fr).

2°) Les gros bataillons des salariés précaires
La question de l'emploi ne se borne pas à « en avoir ou pas ». L'explosion des CDD (2,5 millions de personnes, 70% des embauches aujourd'hui, six fois plus qu'il y a vingt ans), la multiplication par quatre de l'intérim depuis une vingtaine d'années, le temps partiel contraint (1,2 million de personnes dont près de 80% de femmes) font que l'emploi précaire et le sous-emploi concernent désormais plus de 5 millions de personnes et en particulier 43 % des emplois les moins qualifiés. L'insécurité professionnelle et sociale n'a, en France, rien de marginal : elle est le lot de millions de familles et l'angoisse croissante des autres.

L'extension du travail temporaire est une des conséquences majeures du capitalisme moderne. Les PME sont celles qui optent le plus pour les CDD et les stages. Les grandes entreprises préfèrent l'intérim et les organisations syndicales dénoncent la situation faite aux salariés qui ont plusieurs années d'ancienneté dans une entreprise mais toujours le statut d'intérimaires. Un rapport de l'Institut Montaigne en donne crûment l'explication : « le coût de la gestion et la prise en charge au quotidien des intérimaires sont inférieurs au coût d'un CDD ».

Dans certaines branches, le temps partiel imposé tend à devenir la règle, en particulier dans la grande distribution et l'hôtellerie-restauration. Chez France Telecom, les CDI à temps partiel (9 heures à 12 heures hebdomadaires), jadis réservés aux étudiants, s'ouvrent aux chômeurs de longue durée ; d'après les syndicats, 2.000 personnes auraient été embauchées en 2005 sur ce type de contrats. Avoir un CDI, c'est bien, mais comment vit-on en travaillant cinq nuits par semaine dans un hôtel pour 800 € par mois ? Ou, dans la grande distribution, avec des heures décalées qui désarticulent la journée et un horaire tellement variable que la paye oscille, sans prévision possible, de 600 à 900 euros ?

Dans l'enquête de l'UNEDIC sur les besoins de main d'œuvre en France pour l'année 2006, les déclarations des employeurs sur leurs intentions de recrutement sont éclairantes : un nouvel emploi sur trois sera saisonnier. Parmi les cinq métiers les plus recherchés par les entreprises (cuisinier, caissier, agent d'entretien, animateur et employé de l'hôtellerie), les 2/3 des 300.000 intentions d'embauche portent sur des emplois saisonniers. En deux ans, le travail saisonnier a bondi : + 20 % dans l'agriculture, + 24 % dans le commerce, + 10 % dans l'hôtellerie-restauration.

Nul n'est aujourd'hui à l'abri mais les plus durement touchés par la généralisation de la précarité sont les 15 millions d'ouvriers et d'employés dont on oublie souvent qu'ils constituent plus de la moitié de la population active (27,4 millions de personnes) et 60% du salariat. Il y a aujourd'hui moins d'ouvriers d'usine (quand même 2,3 millions) et quasiment plus de grands bastions mais davantage d'ouvriers des services (3,5 millions) qui travaillent dans des entreprises prestataires où l'emploi est instable. Il y a davantage encore d'employés (8 millions) dont le nombre a cru au rythme de la tertiarisation de l'économie et de la féminisation du travail salarié. Les métiers ont changé, les conditions salariales et de vie se sont rapprochées, la moitié des ouvriers (80 % d'hommes) et des employés (77% de femmes) forment ce qu'Eric Maurin appelle le « nouveau prolétariat des services ». C'est parmi eux qu'on trouve les gros bataillons des travailleurs pauvres, les « chômeurs-travailleurs » (Pierre Concialdi) qui alternent périodes de chômage et emplois temporaires, les Smicards et les Smicardes (15% de l'ensemble des salariés mais le quart des ouvriers et des employés), la France « mille-euriste »qui travaille dur et n'arrive pas à boucler ses fins de mois.

Les milieux populaires sont majoritaires dans notre pays, n'en déplaise à ceux qui les voient de loin et les oublient vite. Plus d'un actif sur cinq (3,1 millions de personnes) y occupe un emploi précaire. Les employés de la Fonction Publique (2,9 millions de personnes) y sont naturellement moins exposés que ceux du commerce (1,25 million de personnes) ou des services aux personnes (1,9 million de personnes) mais l'ombre portée de la précarité et de l'insécurité épargne aujourd'hui peu de foyers populaires : les salariés « protégés » ont souvent des conjoints qui ne le sont pas ; les titulaires d'un CDI (à commencer par ceux qui travaillent dans la myriade de PME sous-traitantes vers lesquelles les grandes entreprises externalisent ce qu'elles ne veulent plus faire) savent bien que ce contrat, jadis gage de stabilité, n'est plus une garantie aussi solide ; les parents voient les difficultés de leurs enfants qui piétinent à l'entrée du marché du travail ou passent de stage en CDD sans pouvoir se fixer. Quoique moins frappées par le chômage (5,9% chez les professions intermédiaires et 4,8% chez les cadres), les couches moyennes se sentent, elles aussi, vulnérables et inquiètes. Là s'enracinent en premier la sinistrose et la colère de nos concitoyens.

Le chômage, on y tombe facilement, on en sort difficilement. Sa durée moyenne est aujourd'hui de 15 mois. Grands pourvoyeurs de chômeurs (40 %) : les contrats à durée limitée. Quand on a perdu un CDI, on sait qu'on a moins de chances qu'avant d'en retrouver un. Prise dans l'étau du chômage de masse et de la précarisation croissante, la France vacille sur ses bases. Elle s'exaspère que ses gouvernants, sous prétexte d'éradiquer des rigidités qui feraient obstacle à l'emploi, lui imposent encore et toujours plus de précarité, encore et toujours moins de protection. Elle sent qu'on lui ment : le CNE n'a pas créé plus d'emplois supplémentaires que le défunt CPE n'aurait favorisé l'insertion durable des jeunes. Effet d'aubaine et effet de substitution garantis : si 280.000 CNE ont été officiellement créés entre août et décembre 2005, le nombre des CDD aurait, selon l'Institut Français pour la Recherche sur les administrations publiques, baissé de 240.000 au même moment...

Seule bonne nouvelle pour les salariés : le droit des licenciements, que le CNE voulait contourner, semble continuer à s'appliquer. Comme l'avaient prévu les juristes du travail, les contentieux juridiques en cas de rupture du CNE durant les deux premières années ont commencé. Les Conseils de Prud'hommes ont déjà annulé trois licenciements « dépourvus de causes réelles et sérieuses ». Les chefs d'entreprise les plus clairvoyants ne s'étaient pas privés de le dire : leur problème, ce n'est pas de se séparer sans formalité de leurs employés mais plutôt de les fidéliser ; c'est aussi que les règles soient simples, claires, lisibles, qu'elles ne changent pas tout le temps et ne débouchent pas sur des procédures à la durée incertaine. Tout le contraire du CNE. Plus d'une centaine d'affaires devraient arriver prochainement devant les juridictions prud'hommales. Les litiges sont plus nombreux encore mais beaucoup préfèrent une transaction à un procès. Les patrons des entreprises de 20 salariés et moins, auxquels le CNE est destiné, commencent à se méfier sérieusement de ce cadeau empoisonné. Mais le CNE n'est que la pointe de l'iceberg immergé dans l'océan multiforme de la précarité.

Jean-Claude Juncker, Premier Ministre du Luxembourg, n'est pas un révolutionnaire mais une chose le met vraiment en colère : « cette idée que les salariés n'auraient pas besoin d'un minimum de prévisibilité mais devraient se satisfaire de petites échéances selon le bon vouloir des employeurs qui décident ou non de proroger leur contrat de travail ». Il sait de quoi il parle : « si mon père, qui était ouvrier sidérurgiste, avait eu un CDD renouvelable tous les six mois, je n'aurais jamais pu faire mon droit à Strasbourg. Car les gens modestes doivent calculer. Ils n'ont pas d'argent à jeter par la fenêtre». Il ajoute, à l'intention des voisins français mais aussi des adeptes, en Europe, de la flexibilité tous azimuts : « je suis terrifié par cette nouvelle mode, cette pensée unique qui veut qu'on puisse traiter les travailleurs comme des gens qui pourraient se satisfaire d'un modèle de vie renouvelable tous les six mois. Cela n'a aucun rapport avec la réalité. Faire du CDI une exception, une chose atypique, est une piste qui nous mènera droit dans le mur ». On ne saurait mieux dire.
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# Posté le dimanche 18 juin 2006 09:37
Modifié le jeudi 29 juin 2006 00:48

La solidarité entre les Français: la santé

La solidarité entre les Français: la santé
Voici ce que notre projet s'engage à faire en matière de santé:

- Redonner une priorité à l'hôpital ce qui implique de dégager davantage de moyens financiers.

- Garantir dans chaque territoire de santé au moins un pôle de chirurgie.

- Ouvrir 500 maisons de santé pour tous, appuyées sur les hôpitaux locaux, où chacun pourra trouver un accueil coordonné et une meilleure prise en charge.

- attirer les jeunes médecins dans les zones déficitaires en leur offrant des dispositions financières et fiscales incitatives en partenariat avec les collectivités territoriales et les caisses d'assurance maladie.

- Associer de manière plus cohérente l'Etat, les partenaires sociaux, les organismes complémentaires et professions de santé dans la gestion de l'assurance maladie décidée et contrôlée par le Parlement dans le cadre de la loi de finance de sécurité sociale.

- Saisir le Parlement d'un projet de loi autorisant l'assistance médicale en fin de vie dans des conditions strictes de respect de la volonté du malade et de l'encadrement de l'accompagnement de la personne.
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# Posté le samedi 10 juin 2006 10:30
Modifié le dimanche 11 juin 2006 13:42

La solidarité entre les Français:un logement pour chacun

La solidarité entre les Français:un logement pour chacun
Pénurie de logements, explosion des loyers, spéculation immobilière : la crise du logement a atteint une gravité sans précédent.
Voila ce qui sera fait pour le droit au logement si Ségolène est élue:

Les objectifs : Chacun doit avoir accès à un logement.

- réaliser 120 000 logements sociaux par an bien intégrés dans les villes et faire disparaître l'habitat indigne.

-Plafonner à 25 % maximum la part du budget des ménages modestes consacrée au logement dans le parc privé conventionné.

-Lutter contre les augmentations excessives des loyers.

-Revaloriser les A.P.L. pour ceux qui en ont le plus besoin.

-Doubler le nombre de résidences étudiantes.

-Tripler les sanctions contre les communes qui ne respecteront pas les obligations de mixité sociale.

-Contrôler les ventes à la découpe, en renforçant les protections des locataires et en réglementant l'activité des marchands de bien.
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# Posté le samedi 10 juin 2006 10:14
Modifié le dimanche 11 juin 2006 13:36

Les 35 heures,"Bibs" et Ségolène

Les 35 heures,"Bibs" et Ségolène
Pourquoi ne pas regarder la réalité en face ? Les 35 heures sont-elles tabous?
Oui, Ségolène a raison, les 35 heures sont plus défavorables aux petits et moyens salaires qu'aux cadres.
Dans mon entreprise, les cadres ont 24 jours de RTT par an et les employés 15 seulement.
Est-ce juste?
Franchement non.
Quand on prône l'égalité, on doit avoir le courage de dire: je suis mieux loti moi cadre que mes collègues employés.
C'est mon cas, moi qui suis cadre, et je n'ai pas peur de dire à tous ceux qui critiquent Ségolène à ce sujet: il faut corriger cette inégalité et je pense que si je n'avais que 15 jours de RTT par an, je ne crierai pas au scandale.

Le journal Le Monde, qui va au fond des choses, analyse avant de crier sans savoir a publié l'article suivant en date du 9 juin 2006 sous la plume de Manuel Armand.

Les "Bibs", Ségolène et les 35 heures!

Pas de temps à perdre. Il est à peine 13 heures, les "Bibs" de l'équipe du matin qui ont pris leur poste à 5 heures filent sans s'attarder. Sur le parking de l'usine de la Combaude, l'un des quatre sites industriels que Michelin possède à Clermont-Ferrand, un ouvrier de l'atelier de rechapage se laisse quand même aller à un commentaire : "Les 35 heures, c'est super, ça fait des vacances en plus, mais les samedis travaillés, c'est pénible." Et s'il fallait signer à nouveau un accord de réduction du temps de travail (RTT) ? L'homme répond d'une moue embarrassée : "Faudrait quand même bien réfléchir..."


La veille, la presse a titré sur le pavé jeté dans la marre par Ségolène Royal. La charge de la présidente (PS) de Poitou-Charentes est sévère. "En termes de qualité de vie au travail, les résultats des 35 heures sont mitigés", écrit-elle sur son blog Désirs d'avenir. Pour preuve, assène-t-elle : "Chez Michelin, les cadres ont bénéficié de jours de congé supplémentaires et les ouvriers sont venus le samedi."

A Clermont, place des Carmes - siège du leader mondial du pneu -, la référence à Michelin n'a pas surpris. Dans la rhétorique des politiques, l'entreprise a supplanté Renault. Cela remonte à l'automne 1999, lorsque le groupe avait annoncé simultanément une hausse de ses bénéfices et la suppression de 7 500 emplois en Europe. L'affaire avait cristallisé la dénonciation des licenciements "boursiers" et l'aveu de l'impuissance des pouvoirs publics. "L'Etat ne peut pas tout", avait convenu le premier ministre, Lionel Jospin. Michelin va-t-il aujourd'hui devenir la référence obligée du débat sur les 35 heures ?

"En nombre d'heures passées derrière la machine, c'est sûr qu'on bosse plus qu'avant", explique Jacques qui travaille depuis vingt-sept ans dans la grande usine de Cataroux. "Nos trente minutes de casse-croûte et nos vingt minutes de pause journalière ont été enlevées du décompte du temps de travail effectif. Les chefs d'atelier font la chasse à ceux qui essaient de grignoter des minutes sur les pauses et les lettres d'avertissement se multiplient."

Le 29 mars 2001, il a voté non au référendum organisé par la direction sur le projet d'accord concernant la RTT. Chez les 27 000 salariés de la Manufacture française des pneumatiques Michelin - la moitié travaillent à Clermont -, la participation a atteint 95 %, et le oui a rassemblé 59,6 % des suffrages. Le vote a révélé un profond clivage. Ouvriers et employés avaient choisi le non à 51,3 %. Les techniciens, les agents de maîtrise et les cadres avaient fait pencher la balance en sens inverse.

Cette différence s'est matérialisée dans les syndicats. Tandis que la CFDT appelait à voter en faveur de l'accord, la CGT et SUD faisaient campagne contre. "Aujourd'hui, cinq ans après, je revoterais non", assure Jacques.

Dans les rangs de SUD-Michelin, on persiste à penser que l'accord est mauvais. "On a gagné quelques jours de repos supplémentaires, mais cela a ouvert la voie à la flexibilité et à l'intensification du travail", estime Zakir Ali Mandjee, le secrétaire national de SUD-Michelin. "Cela n'a pas été un accord gagnant-gagnant. Le temps de travail effectif a augmenté et la boîte nous a bouffé un certain nombre d'avantages."

A la CGT, le temps n'a pas effacé les rancoeurs. "Les ouvriers ont été lésés", affirme Jean-Michel Gilles, membre du secrétariat du syndicat et agent depuis vingt ans dans l'atelier de tréfilerie de Cataroux. Il a un peu de mal à l'avouer, mais les propos de Mme Royal lui paraissent justes. "S'il fallait revoter, ce serait encore non", assure-t-il, persuadé que l'opposition gagnerait du terrain dans les ateliers.

Chez Michelin, l'accouchement des 35 heures s'est fait dans la douleur. Pour tout le monde. La direction a dans un premier temps freiné des quatre fers. "Une réduction autoritaire du temps de travail - si elle ne s'accompagne pas d'une amélioration de la productivité - pourrait conduire le groupe à transférer ses activités dans d'autres pays, à réduire ses effectifs en France", menaçait un document interne rédigé au moment de la loi Aubry 1, qui gardait un caractère facultatif aux 35 heures. Il a fallu Aubry 2 pour que s'ouvrent les négociations.

Le document soumis à référendum en mars 2001 soumettait la diminution du temps de travail aux impératifs de compétitivité. Le préambule de l'accord établissait, sans le dire explicitement, une hiérarchie entre les différents objectifs. Il s'agissait de rechercher "un nouvel équilibre entre quatre domaines : aménagement et organisation du temps de travail, RTT, emploi et salaires".

La CFDT a payé cher son soutien au texte. "Aux élections professionnelles qui ont suivi, nous nous sommes retrouvés en troisième position derrière la CGT et SUD", rappelle Jean-Claude Bagel, l'un des dirigeants historiques du syndicat, à la retraite depuis le 1er juin grâce à l'accord de cessation anticipée d'activité qui a accompagné celui sur les 35 heures. Signe de l'évolution des mentalités dans les ateliers et les bureaux, la centrale s'est refait une santé. "Il a fallu donner beaucoup d'explications dans les usines." Aujourd'hui, la CFDT a reconquis le secrétariat du comité d'entreprise grâce à une alliance avec la CGC.

Ce retour en grâce équivaut-il à une approbation de la manière dont les 35 heures s'appliquent ? "Si on revotait aujourd'hui, ce serait oui à 80 %", estime Nicolas Clair, le secrétaire de la CFDT-Michelin à Clermont. A moins de 30 ans, il est l'artisan du renouveau cédétiste. "A l'époque des négociations, j'étais un simple adhérent. Le jusqu'au-boutisme de la CGT et de SUD m'a poussé à devenir un militant." Son réformisme est assumé. "C'est vrai que les 35 heures ont été échangées contre l'annualisation et la flexibilité du travail. Mais le résultat est là : on travaille entre 6 et 14 jours de moins qu'avant."

Il reconnaît qu'une insatisfaction demeure : "Certains ont mal vécu le fait que la RTT ne soit pas le fruit d'une victoire remportée sur le patron, mais le résultat d'un compromis. Il y a aussi l'accumulation de petites frustrations. Les congés d'ancienneté ou pour les événements familiaux ont disparu. Certains ont eu le sentiment qu'on leur retirait des acquis sociaux. Et d'ajouter : "Aujourd'hui, j'en veux beaucoup à Mme Royal parce que les samedis travaillés, cela existait avant les 35 heures."

Dessinatrice industrielle pendant trente-cinq ans chez le géant du pneu et députée socialiste de la circonscription où sont implantées les usines Michelin, Odile Saugues tranche avec plus de véhémence encore : "Mme Royal ne sait pas de quoi elle parle." "J'ai des copains à l'usine. Pour rien au monde ils ne reviendraient sur la RTT, même si ce n'est pas la panacée", ajoute cette fabiusienne de toujours. De quoi alimenter les débats préprésidentiels au PS.

Manuel Armand
Article paru dans l'édition du 09.06.06
# Posté le mardi 06 juin 2006 13:18
Modifié le dimanche 11 juin 2006 07:51